Causa Mortis

Lyon 18 Octobre 2014
(Samedi soir … et un bon Irish Whiskey)

(1)

J’ai vu un homme vieillir pendant des années
Je flairais pourrir ses organes infectés
De tous il a été oublié
Jusqu’à la mort, ce corps toxique, elle l’a répudié
Et l’a laissé moisir … à l’abandon

(2)

La nuit tombante le vieux retrouvais son sarcophage
Il rêvait chaque soir de cette balade:
Un doux Mardi de Juin sur une plage
Encombrée de jeunes corps criblés de balles,
Et ce bronze luisant qui leur a été fatal.
Ses narines conservaient le souvenir du feu, du plomb …
Du sel …
De cet océan de sang.

L’orage passé, souriant, ces corps juvéniles,
Rayonnants, gracieux, étendus, tranquilles,
Jusqu’à leurs tombes ont voyagé,
Et le silence qui les a accompagnés
Dans leurs uniformes les plus élégants.

Dans chaque cercueil blanc on les a disposés
A côté d’une médaille, d’un drapeau …
De leurs rêves, leurs amours, leurs avenirs … et on les a enfermés.

On a remis ses jeunes pousses à cette terre heureuse
D’accueillir dans ses profondeurs cette offrande majestueuse.
Ce présent de chaires, de cœurs, de sang et d’excréments
Que des vieux prêtres sadiques ont jeté par appréhension
Pour calmer la colère des dieux … pour refroidir la lave du volcan.

(3)

Un beau matin de juin elle se réveille
Cette somptueuse montagne en érosion
Ce crasseux marécage de souvenir
Qu’il ne pouvait rayer même sous la torture.

De ses yeux lourd et endormi il ne pouvait apercevoir
Au loin, ni le mat ni les voiles sans vent
Du navire abandonné de sa vie qui dérive
Dans cet interminable désert de regrets
Et la nostalgie devenue maladive
Ou les squelettes de ses rêves martyrisés
Flottent parmi les ruines de son histoire.

Le canon sous la gorge du Colt-45 chargé
Direction la plage déambule son cadavre rigide
Quand enfin ses pattes frôlent le sable humide.

Il contemple au loin le soleil qui se lève
Pour la dernière fois dans sa vie il se trouve stupide
Et Il lève les yeux comme pour apercevoir
Ses amis parti il y a si longtemps…
Boom!!! Un vol d’oiseaux épeurés!
Sa dépouille enfin flotte dans une mare,
Rouge comme celle de ses compagnons
En un instant son corps est purifié
Par les vagues de cet océan déchaîné.

Libre de sa canne, et de ses tourments
Son corps vers un gouffre est emporté
Mais son histoire, jusqu’à la fin des temps…
Vas nous hanter…
Car la guerre comme le temps
Ne laisseront jamais de survivant

G.K.E.

What do you think?

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s